L’utilisation d’un appareil de neuronavigation dans la pratique  de la   stimulation cérébrale non invasive  (rTMS)    permet un meilleur ciblage de la zone  à stimuler ainsi qu’une meilleure reproductibilité  inter-opérateur.

 

Extrait de l’article de Caulfield et al. paru dans la revue scientifique « Brain Stimulation »  en septembre/octobre 2022

Introduction

Chercheurs et cliniciens  ont traditionnellement utilisé un bonnet élastique marqué au feutre  sur la tête du patient afin de (re)-positionner correctement la bobine de  rTMS   entre les différentes sessions et trains de stimulations.  La nouvelle technologie de neuronavigation permet, à l’aide de l’analyse  structurelle de la tête du patient par imagerie par résonance magnétique (IRM), de fournir  à l’opérateur un retour en temps réel   sur le positionnement précis de la bobine sur la cible. 

L’objectif principal de l’étude de Caulfield et al. était de comparer les  2 méthodes de ciblage  (bonnet élastique et  neuronavigation) notamment sur les amplitudes de valeur concernant la distance, l’angle et le champ électrique.

Matériels et méthodes

Au total, 42 participants ont reçu jusqu’à un total de 50 sessions de rTMS accelérées en 5 jours.  Les auteurs ont comparé les approches de ciblage du bonnet et de la neuronavigation sur  3 408  mesures de  distances et 6 816 mesures d’angles.  

Les opérateurs de rTMS ont d’abord enregistré la localisation exacte en neuronavigation   de Beam F3, servant ainsi de repère  à toutes les autres mesures ultérieures de l’étude.

Les opérateurs ont  ensuite placé la bobine de TMS soit manuellement au niveau de la marque sur le bonnet, soit grâce à l’utilisation du logiciel de neuronavigation. Puis ont  été mesurées les différences de distances et d’angles  de ces 2 méthodes par rapport à  la localisation exacte  enregistrée préalablement (Beam F3).


Enfin, toutes les coordonnées spatiales XYZ de la bobine de TMS   ont été enregistrées chez 12 participants,  du ciblage par bonnet marqué au ciblage par neuronavigation. Cela a permis de comparer les différentes valeurs d’intensité des champs électromagnétiques reçus au niveau du cortex préfrontal  de ces 1 106 modélisations.

Résultats

Le positionnement de la bobine  était significativement  hors-cible pour le  bonnet marqué en terme de distance, avec un  placement de la bobine à 10.66mm de la cible  optimale, comparée au 0.3mm pour le ciblage par neuronavigation (p<0.0001).

Le ciblage  à l’aide du  bonnet marqué  présentait également un déviation significative de l’angle pour positionner optimalement la bobine de TMS,   avec une moyenne de 7.79   degrés (roll/pitch)   et 5.99 degrés (yaw)  , comparativement au positionnement de la bobine à l’aide  de la neuronavigation qui retrouvait 0.34 dégrés (roll/pitch) et 0.22 degrés (yaw) de décalage avec la cible optimale (p<0.0001).

Des analyses complémentaires ont révélé des différences significatives inter-opérateurs en terme de distance et d’angle de positionnement pour F3 (toutes   p<0.05)  pour le ciblage avec le bonnet marqué, contrairement au  ciblage par la neuronavigation.

Enfin,  résultat sans doute le plus pertinent de l’étude selon moi,  le ciblage par bonnet marqué résultait en un champ électromagnétique de plus faible intensité au niveau du cortex préfrontal,   avec un équivalent de stimulation à  110.7% du seuil moteur de repos, comparativement à 119.9% pour le ciblage par neuronavigation, pour une stimulation programmée sur la  bobine à 120% du seuil moteur de repos (p<0.001).

Limites

L’impact thérapeutique des 2 méthodologies (bonnet VS neuronavigation), et donc des positionnements, n’a pas été directement mesuré. chez les patients.

Le protocole accéléré de stimulation (aTMS : 50 sessions en seulement 5 jours, ou 24 sessions sur 3 jours) reste assez peu pratiqué en pratique clinique courante, comparativement au protocole standard d’une séance de stimulation par jour (rTMS). 

Conclusion

Le positionnement de la bobine de TMS avec la méthode du bonnet marqué est une source inhérente de variabilité de cible comparativement à la méthode par neuronavigation. De plus, le ciblage par bonnet marqué est plus enclin aux variabilités inter-opérateurs.

Un mauvais ciblage par la méthode du bonnet marqué résulte en des doses significativement  moindres  de stimulation atteignant la région corticale, avec des patients pouvant ne  recevoir que seulement 48.6% du champ électromagnétique attendu.

La technologie de neuronavigation permet donc un positionnement plus précis et plus exacte  de la bobine de TMS, résultant en des intensités de stimulations attendues au niveau de la zone corticale ciblée.

 

Neuronavigation maximizes accuracy and precision in TMS positioning: Evidence from 11,230 distance, angle, and electric field modeling measurements 

 

Kevin A. Caulfield, Holly H. Fleischmann, Claire E. Cox, Julia P. Wolf, Mark S. George, Lisa M. McTeague

 

Brain Stimul. 2022 Sep-Oct;15(5):1192-1205

 

DOI : 10.1016/j.brs.2022.08.013

Epub : 2022 Aug 27

PMID : 36031059

PMCID : PMC10026380

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