La stimulation magnétique transcrânienne répétée (rTMS) du cortex moteur primaire peut être efficace et bien tolérée chez les patients atteints de douleurs neuropathiques périphériques .
Introduction
Des chercheurs Français, dont Nadine Attal et al., ont publié un article dans le journal scientifique « Brain Clinical Trial » en 2021 dont l’objectif principal était d’évaluer dans une étude clinique l’efficacité et la tolérance de sessions de rTMS neuronaviguée, localisées soit au niveau du cortex moteur primaire (M1), soit au niveau du cortex préfrontal dorsolatéral (CPFDL) chez des patients atteints de douleurs neuropathiques, et ce sur 25 semaines.
Les objectifs secondaires étaient entre autres de mesurer l’intensité et le soulagement de la douleur, les dimensions sensorielles et affectives de la douleur, l’intensité de la douleur et la fatigue rapportés par les patients.
Matériels et méthodes
Pour cela, une étude contrôlée et randomisée en double aveugle a été conduite de façon multicentrique au sein de 4 cliniques en France. Les patients, âgés de 18 à 75 ans et souffrant de douleurs neuropathiques périphériques, étaient d’abord répartis de façon aléatoire (ratio 1 :1) soit dans le groupe stimulé au niveau de M1, soit dans le groupe stimulé au niveau du CPFDL.
Les patients étaient ensuite à nouveau répartis de façon aléatoire (ratio 2 :1) soit dans un groupe placebo (Sham-rTMS), soit dans un groupe rTMS-actif (stimulation à 10Hz, 3000 pulses par session, 15 sessions réparties sur 22 semaines). Les répartitions avaient lieu selon le principe du « double aveugle » donc ni les patients ni les investigateurs ne savaient si le patient recevait de façon effective la rTMS ou le placebo.
Les patients étaient donc regroupés en 3 catégories :
- Ceux recevant de façon effective la rTMS au niveau de M1
- Ceux recevant de façon effective la rTMS au niveau du CPFDL
- Ceux recevant la rTMS placebo (Sham-rTMS), et ne recevant donc pas les neurostimulations
L’évaluation de l’efficacité de la neurostimulation sur les patients douloureux se faisaient en mesurant l’intensité moyenne de la douleur (de 0 = aucune douleur à 10 = douleur maximal) selon l’échelle Brief Pain Inventory (BPI).
Résultats
152 patients ont été randomisés et 149 ont reçu le traitement (49 pour M1 ; 52 pour CPFDL et 48 pour le placebo).
La rTMS-M1 était plus efficace que la rTMS-placebo (Sham-rTMS) sur la réduction des douleurs neuropathiques (« adjusted effect estimate difference for the Group x Time interaction » : -0.048 ± 0.01 ; IC95% : -0.09 à -0.01 ; p=0.01). Cet écart d’efficacité entre M1 et placebo s’accentuait avec le temps et la répétition des séances de neurostimulation.
La rTMS-CPFDL n’était pas plus efficace que la rTMS-placebo sur la réduction des douleurs neuropathiques (-0.003 ± 0.01 : IC95% : -0.04 à 0.03 ; p=0.9).
A noter que la rTMS-M1, a contrario avec la rTMS-CPFDL, était également supérieure à la rTMS-placebo sur le soulagement de la douleur, la dimension sensorielle de la douleur, l’intensité de la douleur et la fatigue rapportés par les patients.
Les céphalées (= maux de tête), étaient les effets secondaires les plus fréquents et survenant respectivement chez 35%, 44% et27 % des patients du groupe M1, CPFDL, et placebo (p=0.2).
Discussions
Les résultats de cette étude sont donc en faveur de l’efficacité et de l’excellent profil de sécurité de la rTMS sur le cortex moteur primaire M1, et non sur le cortex préfrontal dorsolatéral, dans les douleurs neuropathiques périphériques.
Références de l’article :
Attal N, Poindessous-Jazat F, De Chauvigny E, Quesada C, Mhalla A, Ayache SS, Fermanian C, Nizard J, Peyron R, Lefaucheur JP, Bouhassira D.
Repetitive transcranial magnetic stimulation for neuropathic pain: a randomized multicentre sham-controlled trial.
Brain. 2021 Dec 16;144(11):3328-3339.
DOI: 10.1093/brain/awab208.
PMID: 34196698.